LE 7E ART AFRICAIN EN MOUVEMENT : LES TALENTS QUI FONT L’ACTU

L’industrie cinématographique africaine ne cesse de redéfinir ses contours. Portée par des succès historiques, des reconnaissances internationales et une nouvelle génération de créateurs résolument audacieux, la scène du 7e art sur le continent affiche une vitalité rare. Tour d’horizon des artistes, techniciens et structures qui façonnent l’actualité de cette fin mars 2026.

CONSÉCRATIONS : QUAND LE TALENT IMPOSE SES MARQUES

Toyin Abraham entre dans l’histoire de Nollywood


L’actrice et réalisatrice nigériane a reçu une distinction officielle du National Film and Video Censors Board (NFVCB) après que son long-métrage Oversabi Aunty a franchi le cap du milliard de naira au box-office. Une première pour une réalisatrice solo, qui confirme la puissance commerciale d’un cinéma nigérian en pleine industrialisation.

Mawuko Kuadzi, double consécration aux Artios Awards


Le directeur de casting ghanéen a marqué les esprits en remportant pour la deuxième année consécutive un Artios Award, récompense suprême dans sa discipline. Après un premier succès en 2025, c’est cette fois pour The Fisherman (catégorie Best International Feature) qu’il a été distingué. Une victoire saluée jusqu’au consulat du Ghana à New York, et qui confirme l’émergence d’une expertise africaine reconnue à l’échelle mondiale.

NOUVELLES SORTIES : LES FILMS QUI ANIMENT LES SALLES

Onobirẹ́n: A Woman’s Story, de Laju Iren


Sorti le 6 mars, ce long-métrage propose un portrait inédit de la femme nigériane, loin des figures convenues. Lors de l’avant-première, la réalisatrice — également connue comme The Lord’s Storyteller — a défendu une représentation plus complexe des femmes, incarnée ici par une pêcheuse et femme d’affaires ancrée dans la culture du Sud-Sud du Nigeria.

AVANTE, le prochain blockbuster attendu


Réalisé par Toka McBaror et porté par un casting de premier plan (Chimezie Imoh, Kingsley Okafor, Eddie Watson), le film est présenté par ses pairs comme un « moment phare » du cinéma africain. Avec une narration centrée sur la vengeance et la justice, le projet incarne une nouvelle ambition esthétique et industrielle. La première est prévue pour le 29 mars.

LUMIÈRE SUR… KHANYA DUBE, LA JEUNE RÉVÉLATION SUD-AFRICAINE À seulement quelques mois de sa sortie de l’AFDA (l’école de cinéma sud-africaine), Khaya Dube s’impose déjà comme un nom à retenir.

Ce jeune réalisateur a remporté le concours Young Voices lors de la dernière édition du Joburg Film Festival avec son court-métrage Umxoxiso, salué pour sa maîtrise formelle et son regard singulier sur les dynamiques intergénérationnelles en milieu urbain.

Ses pairs le décrivent comme un « conteur instinctif, à l’écriture visuelle déjà affirmée ». Actuellement en écriture d’un premier long-métrage, Dube bénéficie du mentorat de producteurs chevronnés croisés lors des JBX Industry Sessions. L’attente est grande autour de son projet suivant, dont le développement est suivi de près par plusieurs structures de financement internationales. Tout porte à croire qu’il figurera parmi les noms qui compteront dans la prochaine vague du cinéma sud-africain.

À SUIVRE DE PRÈS : KUNLE AFOLAYAN ET SON KAP FILM VILLAGE

Si un acteur concentre aujourd’hui les regards sur la structuration de l’industrie en Afrique de l’Ouest, c’est bien Kunle Afolayan.

Figure majeure de Nollywood, le cinéaste a récemment réuni une partie de l’élite du secteur (Odunlade Adekola, Mercy Aigbe, Toyin Abraham) dans son KAP Film Village & Resort, véritable campus créatif situé au Nigeria. L’ambition affichée : faire de ce lieu une « maison pour les conteurs africains », où se mêlent tournages, formations et résidences d’artistes.

Au-delà du symbole, c’est une vision industrielle que porte Afolayan : mutualiser les moyens, professionnaliser les métiers et créer un écosystème stable pour les jeunes talents. Avec plusieurs projets en préparation et une montée en puissance de son rôle de producteur, il s’affirme comme un architecte discret mais déterminé du cinéma continental de demain.

DANS LES PROCHAINS MOIS : LES RENDEZ-VOUS QUI COMPTERONT

Le Next Narrative Africa Fund en action


Doté de 40 millions de dollars, ce fonds a dévoilé sa première sélection de projets soutenus. Parmi les lauréats : Trevor Noah, Rapman (Supacell) et Mohamed Kordofani (Goodbye Julia). Les premières images de leurs nouveaux longs-métrages sont attendues dans les mois à venir, avec une présentation possible lors des grands festivals internationaux de fin d’année.

Le programme KESSA entre en résidence

Trente jeunes storytellers venus de tout le continent et de sa diaspora entreront en immersion à Rabat à partir du 23 mars. Objectif : développer leurs projets sous mentorat et participer à une refonte des récits contemporains sur l’Afrique. Une initiative à suivre de près, tant elle pourrait révéler de nouveaux visages du cinéma documentaire et de fiction.

Le Joburg Film Festival, tremplin vers l’international

Au-delà des projections, la plateforme JBX (Joburg Xchange) a permis cette année encore des rencontres stratégiques entre talents émergents et décideurs internationaux. Des figures comme Adze Ugah (Shaka iLembe) ou Cait Pansegrouw (Inxeba) y ont partagé leur expérience, consolidant le rôle du festival comme passerelle entre l’Afrique et les marchés globaux.

EN UN REGARD : CE QU’IL NE FALLAIT PAS MANQUER

Thati Pele

Révélée par les séries Netflix Blood and Water et Savage Beauty, elle prépare son premier long-métrage, Brace Yourself, une comédie dramatique produite par l’équipe derrière The Wound (Inxeba). Un passage attendu du petit au grand écran.

Mawuko Kuadzi

Après ses deux Artios Awards, il devient une référence continentale pour le métier de casting. Plusieurs productions internationales tournées en Afrique lui font désormais appel comme consultant.

Le KAP Film Village

Laboratoire créatif et pôle de formation, il incarne une tentative concrète de structuration durable de l’industrie. À surveiller pour ses prochaines annonces de coproductions.

L’actualité de cette fin mars 2026 confirme une dynamique rare : succès commerciaux, consécrations critiques, émergence de nouvelles voix et structuration industrielle s’entrelacent pour dessiner un cinéma africain plus visible, plus ambitieux et mieux armé pour conquérir ses publics, du continent au reste du monde.

2 Commentaires

  • Attila Mpiana

    Une très bon article en tout cas sur le cinéma, j’aime bien, même si la RDC n’est pas représenté, sinon ça ira

    • Merci bcp pour ce retour, nous y travaillons nous allons faire des recherches plus poussé pour trouver plus d’info sur le cinema en RDC

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